A la recherche de la bibliothèque perdue

juillet 8th, 2010 by Ianjatiana

On arrive à une des périodes les plus difficiles de la Chose: les vacances d’été. D’une manière générale, l’arrivée des vacances est accueillie avec joie, allégresse et soulagement par la plupart des êtres normalement constitués et qui ont des occupations normales. Mais voilà, faire la Chose n’est pas une occupation normale et donc, l’arrivée des dites vacances est un problème supplémentaire à gérer, même si elles ne durent que deux à trois mois toute l’année. En effet, les universités comme la plupart des établissements ferment leurs portes, et parmi ces fameux établissements, il y a les bibliothèques qui rappelons-le constituent en quelque sorte un deuxième foyer du Chosard: on l’y croise tous les jours, qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve.

C’est la mort dans l’âme et dans la perspective de cuire aussi bien au niveau de la tête que du corps que je me résigne à passer les mois de juillet et d’août à la chaude et sans climatisation bibliothèque interuniversitaire de Cujas. Sauf événement extraordinaire et changement d’avis de dernière minute, la bibliothèque du Centre Pompidou ne me verra pas faire la queue pour travailler en son sein (parce que tous les étudiants de la région vont vouloir y aller). A part les bibliothèques municipales, et peut être d’autres dont je n’ai pas connaissance (parce que ne m’intéressant pas sûrement), la plupart des bibliothèques en Ile de France ne sont pas ouvertes toute l’année et observent les trêves estivales, seule Cujas et Pompidou restent fidèles au poste.

Il n’est pas encore tard pour se rattraper et photocopier tous les articles et ouvrages qui intéressent…il est même possible dans certains facs d’emprunter des ouvrages pendant la durée des vacances mais il faudrait agir avant le 15 juillet! Après, il y a encore une possibilité infime, mais pendant le mois d’août, ce sera mort (comme diraient les jeunes d’aujourd’hui!). Le mois d’août c’est LE mois des vacances. La ville est désertée de ses habitants qui migrent ailleurs pour trouver douceur de vivre. Le trajet quotidien évolue au gré des travaux et des horaires d’été des transports publics. Le soleil, le beau temps et la chaleur complotent pour vous faire succomber à la tentation de lézarder et de prendre du bon temps sans toucher à la Chose.

Bref, pendant les prochaines semaines qui arrivent et jusqu’au mois de septembre, ça va être un combat quotidien, encore plus qu’avant…

ps: et ne demandez pas pourquoi la ligne d’arrivée ne pointe pas encore à l’horizon, je ne la considérerais comme présente que lorsque le Massacre final arrivera, en attendant, et qu’il me reste deux pages ou cent, on dira que je suis encore dans la course :)

Ma Thèse…mon Amour!

juin 10th, 2010 by Ianjatiana

Cela peut paraître paradoxal vu tout ce que j’ai écris jusqu’ici , mais finalement, je me plais vraiment dans cette période de ma vie. Je me plais dans le sens où faire la Chose m’apporte souvent des joies insoupçonnées! et oui :lol: c’est difficile d’imaginer comment peut on être content et satisfait de passer tous les jours de la semaine et du week-end à la bibliothèque, de rechercher des articles et de lire de nombreux ouvrages (des fois passionnants, des fois soporifiques). Mais bizarrement, je me sens quand même bien, je ne prends pas la Chose comme une prison ou comme un lourd fardeau, au contraire, de plus en plus, je m’y retrouve!

C’est vrai que pour arriver jusque là, et même si je n’ai pas encore franchi la ligne d’arrivée :p il a fallu faire des choix, beaucoup de choix, il a fallu affronter des moments difficiles (et ils sont encore présents), faire une croix sur la vraie vie des jeunes étudiants insouciants du lendemain: les fêtes le week-end, les sorties au Parc ou même sous d’autres cieux quand il fait beau, les vacances, les grasses matinées qui durent jusqu’à midi..je ne parle même pas du côté vie privée (ah ha ha! je suis sûre que cela ne vous intéresse pas :D ). Mais ces durs moments, ces sacrifices font finalement partie du jeu: il suffit juste de réussir à vivre avec :)

En ce moment, la plupart de mes amis, connaissances et proches vivent des étapes jugées essentielles dans la vie des adultes: le mariage et les premières naissances. Je serais peut être un peu en retard de ce côté là (encore faut il savoir s’il y a des règles précises qui indiquent qu’à tel moment de la vie il faudrait avoir la bague au doigt et pouponner) mais il y a toujours Ma Chose…mon Amour à qui je pense souvent la nuit avant de m’endormir, le matin en me réveillant, dans la rue en allant à la bibliothèque ou même pendant mes heures de boulot.

Hey oui…ça dégouline d’amour entre nous deux…c’est parfois beau et c’est souvent insupportable, mais c’est Ma Chose ma bataille :p

Le club des incompris

avril 18th, 2010 by Ianjatiana

Quand vous décidez de faire une thèse et d’entreprendre cette quête, souvenez vous qu’au-delà de ce que vous en attendez, et malgré tout ce que vous allez endurer, une chose est à peu près sûre: vous allez entrer dans une période spéciale de votre vie faite d’une solitude intellectuelle et sociale et vous allez devenir membre d’un club assez spécial d’incompris. Je ne dis pas que c’est une règle absolue, c’est juste une constatation que j’ai faite en voyant ma vie d’ avant-la-chose et ma vie pendant.

Faire une thèse est assez spéciale dans la mesure où peu de gens de votre entourage (famille, amis) savent réellement ce que vous faites. Ils savent que vous faites la Chose, que cela fait des années que vous bataillez et sacrifiez pas mal de choses en vue de la finir, mais la plupart du temps, ils ne comprennent pas pourquoi vous ne finissez pas rapidement (après tout, il ne s’agit “que” d’écrire sur un sujet qu’ils trouvent soit assez simple ( “et de quoi tu parles dedans, ah!! on peut faire des recherches sur ce sujet?”) soit un peu trop compliqué ( “ça va servir à quoi après? concrètement, c’est quoi l’intérêt?”). Vous avez beau dire que ce n’est pas facile, que ce n’est pas aussi simple que cela ne paraît, rien n’y fait. Dans ces moments là, ça fait du bien d’être en compagnie des autres incompris. C’est comme une sorte de cellule psychologique, en compagnie des autres incompris qui comprennent le calvaire que vous subissez volontairement ou pas.

Si vous faites une thèse, et même si vous êtes de nature solitaire, pensez quand à avoir un cercle d’amis qui font aussi une thèse, mine de rien, et même si vous ne vous voyez pas tout le temps, et même si des fois c’est difficile de parler de sa thèse (qui peut ne pas avancer ou pour toute autre raison), ça fait du bien d’être parmi des gens qui comprennent ce que vous ressentez et avec lesquels vous n’avez pas besoin de trouver des mots, des excuses ou des argumentations pour vous justifier et justifier le fait que pendant des mois vous en êtes encore au même point (du moins apparemment).

Si vous avez dans votre entourage quelqu’un qui fait une thèse, et si des fois vous voyez ou pensez que cette personne fait du surplace, ne cessez pas de la soutenir et de l’encourager, même aveuglément, parce que cette personne souffre déjà en son for intérieur. C’est frustrant de ne pas voir son travail avancer, ça l’est encore plus quand l’entourage qui devait vous soutenir dans cette période assez dure vous pose la fameuse question: alors, pourquoi ta thèse n’avance pas?

La Chose demande de la patience et du courage de la part de ceux qui la font, de la compréhension sans faille et un soutien sans borne de la part de l’entourage. C’est un moment dur à passer d’un côté comme de l’autre, mais à la fin, il paraît que ça valait le coup, que tous les sacrifices valaient la peine…

“Pense aux enfants qui ont faim dans le monde…”

mars 18th, 2010 by Ianjatiana

Quand j’étais petite, mes parents me sortaient assez souvent cette phrase, surtout quand je ne finissais pas correctement le plat. Ils disaient que si chaque personne dans le monde laissait des restes comme je le faisais, et que si on redistribuait ces restes, le problème de la faim dans le monde serait résolue. Prise de remords, je n’ai pas vraiment osé me plaindre ni protester. Plus grande, quand je suis arrivée par ici, et que je me plaignais de la vie que je trouvais morne et stressante, on me disait de penser à tous ceux qui se levaient à pas d’heure pour faire la queue au consulat et qui étaient prêts à tout pour avoir le fameux visa pour aller à “an-dafy”. Et encore récemment, j’ai lu quelque part que l’on devait se rendre compte, si on commençait à trouver pénible d’aller au travail, d’être au contraire reconnaissant, parce que cela voulait dire qu’on était chanceux d’avoir un travail et qu’il fallait penser un peu à toutes ces personnes qui ont du mal à en avoir un. Donc, en résumé, avant de se plaindre de son sort, il faut toujours penser aux autres qui sont moins lotis, moins chanceux!

Mais voilà, voyez-vous, là, tout de suite, j’ai bien envie de me plaindre… :lol:

Je sais, mon travail est assez avancé, mon directeur de Chose est attentive et suit de près l’avancement des travaux,jusqu’à maintenant, je n’ai pas vraiment de problèmes logistiques…bref, tout devrait bien aller, je ne devrais pas me plaindre mais je suis fatiguée et j’ai bien envie de bouder. J’ai du mal à dire cela à mes compagnons de galère, et j’ai du mal à me faire comprendre. En plus, je me vois mal me plaindre à eux, pour les raisons citées ci-dessus :lol: alors, je me tourne vers mon espace exutoire préféré (:houhou:).

Je suis fatiguée physiquement (vous savez comme si vous avez repris l’entraînement alors que cela faisait des mois que vous n’avez pas pratiqué et qu’au réveil vous avez des courbatures partout), j’ai l’impression d’avoir la tête complètement vide (un peu à l’image des parkings de supermarché le dimanche en fin d’après-midi), j’arrive difficilement à écrire un paragraphe (et pourtant, j’ai une idée assez précise de ce que je veux écrire), et ma concentration décline en trop peu de temps ces jours ci. Je me reposerais bien une semaine ou quelques jours, mais voilà, j’ai un rendez-vous important et primordial à prendre avec JDM cette semaine et je ne suis pas bien avancée, alors que je devrais…

A.R.G.H. et S.N.I.F

Seul l’écrit reste…

février 18th, 2010 by Ianjatiana

Cette catégorie: “anti-sm37″ est destinée à contenir des idées. Je n’ai pas vraiment la prétention de classifier ces idées de méthodologie, parce qu’après coup et avec le recul, elles deviennent évidentes :lol: …mais bon, sur le coup, on n’y pense pas toujours, et les profs et directeurs ne les prodiguent pas souvent (ils “se contentent” d’attendre les résultats et de corriger le fruit de vos recherches et écrits).

L’idée est simple: tenez un journal de bord de votre Chose! c’est à dire, notez par écrit, avec un stylo et dans un cahier tout ce que vous faites et toutes les idées qui vous passent par la tête, jour après jour. On peut en rire de cette idée toute bête, mais croyez moi, elle marche (:D)

Pourquoi ne pas se contenter de laisser fonctionner le cerveau humain, ce formidable machine dont on ne connaît pas encore tous les secrets?
Tout simplement, parce que le cerveau, même si vous avez une mémoire d’éléphant, ne peut raisonnablement stocker toutes les choses que vous allez devoir lire, classer, apprendre et analyser durant les quelques années que vous allez devoir consacrer à votre Chose.

Pourquoi noter par écrit avec un stylo dans un cahier alors que les ordinateurs sont faits pour assister?
Parce que les ordinateurs ont des failles, des virus peuvent avoir l’idée de faire une virée dans la tête de votre désormais compagnon dans la vie. Et malgré les mises en garde et rappels à l’ordre, l’on ne pense pas souvent à faire des sauvegardes de manière régulière. Bon point pour l’écriture à la main, il n’y a pas la fonction copier-coller sur le papier. Une fois effacée du fichier informatique, une idée, une chose ne peut plus être retrouvée, alors qu’au contraire, les mots qui sont simplement barrés sur une feuille de papier peuvent être encore lus après coup.
n.b: on parle ici des idées qui vous viennent à l’esprit lors de vos travaux de recherche, pas de la rédaction elle-même

Pourquoi se souvenir de tout ce qu’on a fait pendant une journée?
Pour éviter des situations qui vous font perdre du temps, et peut être qui vont vous amener à un état d’énervement. Dès fois, vous êtes en train d’écrire, d’argumenter…et au moment où il faut mettre l’article ou l’ouvrage auquel vous faites référence, vous constatez avec dépit, que vous avez oublié de noter justement les références exactes et/ou complètes de l’article ou de l’ouvrage en question, ou tout simplement, vous avez oublié dans quel centre de documentation ou bibliothèque vous avez trouvé l’article ou l’ouvrage alors que vous voulez le reconsulter, et qu’en même temps, vous êtes sur d’avoir déja lu “quelque part” cet article ou cet ouvrage. Ou tout bêtement, parce que vous avez une citation parfaite qui conviendrait parfaitement au paragraphe que vous êtes en train de finir, mais que la citation en question, vous l’avez trouvé dans un fichier qui s’intitule “En 1958.doc” (parce que la citation commence par le terme: en 1958 :lol: ), lequel fichier n’était pas classé dans un dossier de l’ordinateur mais seulement sur le bureau de celui ci sans autre indication.

Pourquoi noter toutes les idées qui vous viennent à l’esprit?
Parce qu’il y a ce qu’on appelle: le recul. Sur le coup, on croit souvent qu’une idée ou une autre nous semble bête, hors de propos, mais avec le recul, elle peut ne plus l’être. De toute façon, il vaut mieux avoir trop d’idées et en enlever, plutôt que d’en avoir eu beaucoup puis après de ne plus s’en souvenir.

Les fichiers informatiques peuvent être contaminés, le cerveau encombré… seul l’écrit reste.

ps: c’est peut être aussi lié au fait que même si je travaille toute la journée devant un écran, écrire dans un cahier me procure toujours autant de plaisir que lorsque j’étais encore au lycée ou à la fac, et qu’avoir une chose tangible m’est souvent nécessaire, pour ne pas trop rester dans le virtuel.

Finir et bien finir

janvier 28th, 2010 by Ianjatiana

“Finir et bien finir”: c’est une expression que notre préfet au Collège aimait bien nous rappeler au troisième trimestre de l’année scolaire pendant les séances de dynamique de groupe ou pendant le tan-tsoroka, quand il fallait aborder le dernier virage et la dernière ligne droite de l’année.

Voilà un gars qui court le marathon. Son entourage et même son coach lui annoncent que la silhouette du stade olympique dans lequel il va devoir faire les derniers mètres de la course commence à être visible. Il doit donc être à quelques distances de la fin, et il ne lui reste que peu de kilomètres à faire par rapport à tout ce qu’il a déjà couru. A quoi il pense à cet instant là, que va t il faire à ce moment là?

Choix n°1: Il ne regarde même pas la silhouette imposante du stade et tout le public, acquis ou non à sa cause, qui l’y attend. Il continue sa course de manière constante, au même rythme qu’au début, en se concentrant sur lui même, sur ce qu’il fait.

Choix n°2: Il lève les yeux et admire ce stade de l’aboutissement de la course. Il pense au public, à la manière dont il va aborder les derniers mètres. Il continue sa course, de manière plus confiante, mais il est tellement subjugué par la vue du stade que le rythme ralentit par rapport au début. Sa concentration se défait petit à petit, même s’il reste encore dans la course.

Choix n°3: Il lève les yeux et admire le stade. Il regarde en arrière en pensant aux kilomètres qu’il a déjà parcouru, à tout ce qu’il a dû subir pour en arriver là. Il se demande au vu de tout cela s’il arrivera encore à faire le dernier parcours et s’il arrivera jamais un jour dans le stade en question.

Souvent, dans les matchs de tennis, on fustige les joueuses ou joueurs qui n’arrivent pas à finir proprement le travail et laissent passer des matchs qu’ils étaient sur le point de remporter. Combien de matchs de tennis ont été perdus parce qu’Untel ou Untelle n’a pas su gérer alors qu’il/ elle avait trois balles de match en sa faveur.

C’est au mental que se joue le match dans les moments décisifs.

Ma question est alors très simple: comment le gars fait pour terminer son marathon? comment peut il rester stoïque et impassible alors qu’après tant d’efforts et de sacrifices se profile à l’horizon la silhouette de sa délivrance? comment fait t il pour ne pas être envahi par les doutes sur ses capacités à arriver jusqu’au bout? comment doit il mener sa course dans la presque dernière ligne droite? à quoi il doit penser pour finir et bien finir?

(Même) l’Etat pose la question

janvier 26th, 2010 by Ianjatiana

Que les parents et toute la famille pose cette question, passe encore, que les amis et autres connaissances le fasse, ça peut se comprendre, mais quand c’est l’appareil étatique qui pose la question… :lol:

Pour pouvoir rester dans ce pays, il faut chaque année prouver que l’on habite quelque part, que l’on est capable de subvenir à ses besoins et aussi qu’on a une bonne raison de rester sur le territoire. Parmi ces bonnes raisons, il y a les études. Il faut que ces études aient été suivies et faites régulièrement et de manière sérieuse: c’est ainsi que sur ce chapitre il faut prouver que l’on a été studieux l’année dernière (relevé de notes à l’appui et peut être même certificat d’assuidité) et que sagement, on sera encore studieux l’année prochaine avec tout document prouvant qu’on sera encore étudiant dans un établissement d’enseignement supérieur. Et comme dans le doctorat, aucune note n’est donnée, vu qu’il n’y a pas d’examen…seul le massacre la soutenance à la fin détermine si les recherches ont été bonnes, fructueuses ou pas, beaucoup de personnes de nationalité étrangère ont trouvé dans cette voie le moyen de rester plus longtemps et sans trop de problème dans ce pays (et là, je ne cautionne ni émet aucun jugement sur ce choix, je dis juste les choses que je vois et que je constate). Ce n’est plus le cas et pour cause….

Au début, tout allait bien, le rendez-vous à la préfecture, bien que toujours aussi traumatisant est appréhendé avec moins de peur que les autres fois, parce que les documents relatifs au moyen d’hébergement et de subsistance sont complets et que ceux relatifs (je cite) “au sérieux des études suivies” le sont aussi. Et il y a un certain plaisir à annoncer à l’agent que “non, je n’ai pas de relevé de notes vu que je suis en doctorat”. Mais, de l’eau a coulé depuis, et les portes se ferment petit à petit parce que “le pays ne peut pas accueillir toute la misère du monde” et du coup, ils deviennent de plus en plus exigeants pour toutes les certaines catégories de personnes qui cherchent à s’installer sur la terre de leurs ancêtres.

C’est ainsi que quand vous souriez intérieurement à l’agent qui vous demande le relevé de notes de l’année dernière et auquel vous répondez: non, je n’en ai pas, je suis en thèse, je ne fais plus d’examens, il a désormais cette réplique: “ah, donnez moi alors une attestation de votre directeur de thèse donnant la date de soutenance de votre thèse”, et là, le sourire intérieur devient un sourire jaune.

A l’instar des parents, de la famille, et des amis, l’Etat s’inquiète de l’avancement des travaux du doctorant, mais si avec les premiers, un “oui, ça va, ça avance bien”, ou un ” j’ai pas trop envie de parler de cela”, ou un ” c’est un sujet tabou” suffisent, avec ce dernier, il faut donner une réponse nette claire et précise, et l’on ne peut même pas esquiver, parce que “votre dossier est en attente, reprenez un rendez-vous, il nous faut cette lettre de votre directeur avec un visa de l’université pour vous donner votre titre…”

Je vous présente Ma Chose et moi

janvier 3rd, 2010 by Ianjatiana

Je me suis rendue compte que finalement vous ne devez pas savoir grand chose de ce que je fais, ni de qui je suis, ni des conditions dans lesquelles je travaille sur Ma Chose. Et pourtant, dans tout il faut commencer par délimiter le sujet, évacuer les points qui ne vont pas être traités et donner un semblant de plan. J’avais déja mentionné quelque part que je ne suis pas arrivée à trouver des catégories et que tout se mettrait en place petit à petit. On continuera ainsi, peut être à la fin, on trouvera un semblant d’ordre dans ce fouillis :lol:

Et donc, je vais vous présenter Ma Chose et quelques petits trucs sur moi, histoire qu’on arrive à peu près à se situer par rapport à tout ce qui se dit par ici.

Le Truc en question porte sur le droit malgache et la nature (:houhou: je ne donnerais pas plus de détails), cela fait plusieurs années que je travaille dessus ( je me suis déja inscrite administrativement plus de 4 fois pour les besoins de la cause) et selon certains points de vue, je suis plus proche de la fin que du début (je ne sais pas si ce sont des avis objectifs ou si c’est juste des encouragements d’amis et proches fidèles :lol: pour ma part, je dirais que…heu…je ne sais pas vraiment où j’en suis :p ).

Je suis considérée comme une étudiante étrangère dans ce pays (ce qui est tout à fait normal). J’ai fais toutes mes études universitaires jusqu’au Master 1 (anciennement dénommé maîtrise) à Madagascar. Je ne suis pas boursière et j’enchaîne et accumule plusieurs “jobs d’étudiant” pour financer mes études. Je ne suis pas mariée et je n’ai pas d’enfants (du moins, à ma connaissance). J’ai des amis qui me soutiennent et supportent admirablement mes sautes d’humeur et mes phases de gros doutes. A part la Chose, j’ai d’autres centres d’intérêts dans la Vie: la photographie, le cinéma et la lecture (ou l’écriture). J’adore aussi le sport, mais cela fait un long moment que je n’ai pas fais l’effort de pratiquer.

Là, vous savez à peu près tout ce qu’il y a à savoir. :D

Nous ne sommes pas seuls…

décembre 28th, 2009 by Ianjatiana

En parcourant la toile, je suis tombée sur ce site: Thèse de merde, il est calqué sur un autre plus célèbre que vous connaissez peut être déja (VDM pour Vie de Merde). Il faut juste remarquer que la plupart des personnes qui y postent font apparemment des thèses scientifiques impliquant des travaux en laboratoires. En le lisant, on se rend compte, qu’on n’est pas seul sur cette galère et on se marre. Mais en le faisant lire par quelqu’un d’autre, la dernière affirmation est à relativiser, parce que ça n’a pas fait vraiment marrer la personne :lol:   (c’était de grandes minutes de solitude!!!)

http://thesedemerde.fr/

bonne lecture :D

Les mutations du thésard de la 1ère à la dernière année

décembre 26th, 2009 by Ianjatiana

Les trêves de la fin d’année est sans doute la période la plus libre de toute mon année. Autant pendant les petites vacances et les vacances d’été, il y a toujours moyen de “faire avancer (ou pas) la thèse” autant pendant les vacances de Noël, le train rame et refuse de continuer la route ou est contraint de stopper la marche. En effet, pendant les autres vacances, il n’y a pas cette ambiance envahissante (vous avez remarqué toutes ces pubs liées à la célébration de Noël?)  et contagieuse (que l’on veuille ou non, à la fin, on est bien obligé de savoir et de se rendre compte qu’effectivement, c’est la période des fêtes de fin d’année) de fête et de repos (forcé ou volontaire), il y a toujours moyen de trouver une bibliothèque ouverte, et il y a toujours des étudiants dans ces bibliothèques (révisant les partiels, ou les examens de fin d’année, rédigeant leur mémoire ou des dossiers à rendre). Entre Noël et le Nouvel an, la plupart des établissements ferment, et ne voulant pas faire la queue à Beaubourg (comme la plupart des étudiants d’Ile de France), j’essaie de prendre le temps de respirer et de mettre un peu à jour les “trucs” de la vie quotidienne . Fin de la parenthèse… :D   ah oui, Joyeux Noël et Très bonne année tout le monde!

Il y a quelque temps, je suis allée à la rentrée de l’école doctorale, et je me suis fais la réflexion que comme l’homme, le thésard (ou la thésarde) passe par différents stades d’évolution. :D

On a les doctorants en première année. Ils sont jeunes et enthousiasmés de faire une thèse, d’entrer dans ce cercle qu’ils considèrent comme fermé de la recherche. Ils se demandent souvent (ça se voit dans leurs yeux étonnés et presque animés d’étonnement ou de pitié :hum: )  et surtout, ils demandent souvent directement aux plus anciens (ceux qui ont quelques années de thèse dans le compteur) comment cela se fait que ces derniers n’ont pas encore fini de soutenir. Ils arrivent en conquérants, se promettent et clament haut et fort de ne pas faire comme ces anciens là, c’est à dire être encore sur la thèse après 3 ans de recherche. Avec fierté, ils énoncent avec détails leur sujet, sans rien omettre. Pendant les pauses, ils continuent à être dans la thèse, discutent de la position d’Untel (un grand spécialiste de la question) sur tel sujet, de ce qu’en pense Untel 2 (un autre grand spécialiste de la question). Ils lisent les grands classiques du domaine, ne parlent que de la thèse. Ils s’habillent bien même pour aller travailler en bibliothèque toute la journée (pour que l’on ne les confonde pas avec les étudiants de M2) , ils sont souriants, enthousiastes et prêts à conquérir le monde et à prouver qu’ils sont les meilleurs.

Ensuite, on a les étudiants en milieu de thèse. Sur leur visage commence à s’installer un certain voile: celui du doute (?). Ils commencent à devenir moins enthousiastes et à se tourner de plus en plus dans leur moi intérieur. Les sourires sont moins présents, les questionnements deviennent de plus en plus profonds (et sur le sujet et sur le pourquoi je n’avance pas?). Ils sont moins directs dans leur rapport avec les anciens, et ne sont plus aussi curieux du pourquoi du comment quand ils savent qu’un autre membre du cercle n’est pas encore arrivé au bout du tunnel. Quand on leur demande leur sujet de recherche, ils deviennent plus vagues ( le sujet a été reformulé et remodelé entre temps et sera sûrement encore sujet à reformulation plus tard) et se contentent de les résumer en quelques mots clés. Pendant les pauses, ça discute des actualités et de vie quotidienne (du moins de ce qu’il en reste). La tenue vestimentaire en particulier et l’apparence en général, commence à devenir un peu négligées (le costume n’est plus de rigueur, ni le rasage).La question de la fin de la thèse ne se pose pas, et quand c’est le cas, la réponse c’est: “tu sais ce que c’est que de faire une thèse”

Et enfin, on a les doctorants en fin de thèse. Ils sont taciturnes, nerveux et totalement susceptibles. Ils dorment peu, ressemblent à des zombies, maigrissent à vue d’oeil et leurs têtes grisonnent à une vitesse impressionnante. Leur apparence? heu…devinez! Quand on leur demande ce qu’ils font, ils se contentent de dire qu’ils font de la recherche dans un tel domaine (le droit par exemple) sans entrer dans les détails et font exprès de parler d’autre chose que de la thèse (ce sujet étant tabou parce que renvoyant à une réalité oppressante). Les sourire et enthousiasme des jeunes années ont presque disparus (ah si, ils sourient quand ils entendent un collègue affirmer haut et fort qu’il va finir sa thèse en 3 ans et pas plus). Ils ont leur place attitrée dans telle bibliothèque ou centre de recherches, sont connus de tous les bibliothécaires. Ils n’ont plus de vie sociale et vivent une histoire d’amour ou de haine avec leur sujet. Au moment d’envoyer les manuscrits aux membres du jury, ils commencent de plus en plus à devenir fébriles, et sortent enfin des murs de la bibliothèque pour s’occuper de cette tâche ingrate de faire imprimer le travail en plusieurs exemplaires. Avant la soutenance, ils potassent à la bibliothèque, mais ce ne sont plus les ouvrages habituels, il faut désormais se tenir au courant de ce qui s’est passé entre-temps, se remémorer les bases de la matière. Ils n’ont plus la notion du temps et confondent souvent les jours. A la soutenance, ils sont paniqués…ou pas, mais en tout cas, à la sortie, ils sont soulagés d’avoir fini le travail et de pouvoir enfin répondre à la fameuse question “alors, la thèse ça avance? oui, j’ai fini de soutenir, mais il faut encore que j’apporte les corrections demandées par les membres du jury lors de la soutenance” :lol:

Entre la première et la dernière année, ou du moins, les dernières années, il y a toute cette enthousiasme qui vole en éclats ou diminue. Des fois, certains considèrent qu’ils ne peuvent pas montrer des signes extérieurs de ras-le-bol ou de fatigue, et se montrent toujours aussi forts et habités par une motivation sans faille. Pour ma part, je ne sais pas exactement où j’en suis, ce qui est sûr c’est que je ne suis pas à la première année…et que Monsieur Punching Ball dit parfois que j’ai souvent les nerfs à fleur de peau :p