Alors, la thèse ça avance?

15 octobre 2009

Ma première année

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 10:22

Souvent, l’on se pose cette question : si vous avez la possibilité de changer quelque chose dans votre vie, vous feriez quoi ? Et ben, soit on a une multitude de réponses et on ne sait plus laquelle choisir, soit on sourit et on dit : rien. Figurez vous qu’il m’arrive souvent de me poser cette même question, et si la plupart du temps et d’une manière générale je réponds non, en ce qui concerne la thèse, j’aurais quand même changé quelque chose, si j’avais la possibilité de retourner dans le passé : ma première année de thèse !

Je tiens à rappeler que je n’ai pas vraiment l’intention d’adopter un ton moralisateur dans ce blog. Le but premier est de partager cette « expérience » à ceux qui y étaient, y sont, y seront peut être ou tout simplement à ceux qui sont proches de gens qui y étaient, y sont, y seront peut être.

Et donc, ma première année de thèse…ce fut une année sabbatique, et avec le recul, je comprends que c’est le meilleur moyen de mal commencer une thèse, c’est en partie pour cela que le conseil numéro 1 c’était : il faut commencer dès le départ.

Depuis la soutenance de mon mémoire de fin d’études en maîtrise, je n’ai pas vraiment eu le temps de souffler. A peine l’encre des délibérations était sec, j’ai pris l’avion pour continuer mes études universitaires dans une université étrangère dans une immense ville d’un pays qui m’était étranger. Durant cette année universitaire, j’ai dû apprendre à un rythme différent, avec des moyens différents et un mode de vie assez différent de celui auquel j’ai été habitué. L’année d’après, j’ai exploré une autre facette de mon domaine. Pendant ces deux années, je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser. Entre les cours à assimiler, les exposés et les dossiers à préparer, certains rattrapages de cours à faire personnellement parce que la matière n’était pas au programme à Mada mais déjà considérée comme acquise par les professeurs et enfin et surtout les mémoires de fins d’études et le rapport de stage à rédiger, je n’ai pas vraiment eu le temps d’apprécier le fait de vivre une autre vie dans un autre pays (sans parler de toutes les démarches administratives à effectuer en tant qu’étudiant étranger dans ce pays).

Puis, de fil en aiguille, est venue la décision de faire la thèse. Entre le moment où l’on décide de faire une thèse et l’inscription définitive, il y a plusieurs moments à gérer et un parcours à faire. En effet, il ne suffit pas de vouloir la faire, il faut aussi trouver :

-       le professeur qui a les compétences et la capacité  de vous diriger et qui, accepte de le faire,

-       le sujet de vos travaux de recherche,

Une fois ces deux éléments réunis, la procédure d’inscription se déroule plus ou moins facilement au niveau de l’administration.

Et donc, ayant fraîchement réussi mon année sur l’Environnement et le patrimoine industriel, j’ai décidé de faire un doctorat en droit. Une fois la décision personnelle prise, il fallait « juste » trouver un sujet, et présenter un bon projet de recherche et trouver le (la) professeur qui accepterait de me diriger. En ce qui concerne le sujet, cela a été assez facile : cela faisait un bon moment que j’ai orienté mes choix, même si à l’époque, ce n’était pas aussi évident et que la matière n’était pas encore aussi « populaire » qu’elle l’est maintenant. Je me souviens encore de mon passage au consulat quand j’ai déposé mon dossier de demande de visa et que la personne à l’accueil a appelé son chef parce que l’intitulé de la filière que j’ai choisie lui paraissait singulier et que le chef à son tour m’a demandée si ça existait comme branche du droit.

Une fois le sujet choisi, il fallait travailler pour produire un projet de recherche intéressant et suscitant la curiosité. Et là, les problèmes ont commencé parce que quand bien même le sujet semblait frais et pas encore traité, il n’y avait pas assez de matière pour étoffer un bon projet de recherche. Mais avec un peu d’effort et beaucoup d’imagination, j’ai quand même réussi à présenter un projet valable.

Par la suite, en ce qui concerne le choix du (de la) professeur, ça été aussi assez difficile. Mais avec le recul, je me rends compte que la difficulté que j’avais à l’époque était plus due à mes peurs et appréhensions qu’aux professeurs eux-mêmes. Et donc, après des semaines d’angoisse et de questionnements, je me suis un jour décidée à franchir le pas et à demander à une professeure si elle accepterait de me diriger. (Je crois aussi que c’est l’approche de la date de fin d’inscription en première année de thèse qui m’a donné assez de courage pour y aller). Et contrairement à ce que je pensais, elle était d’accord…mais avant de donner son accord définitif, elle m’a longuement questionné sur mes motivations, les moyens dont je disposais pour réaliser cette thèse, et surtout, elle m’a expliqué ce que cela impliquait que de faire une thèse. ( « est ce que vous êtes prête à consacrer les trois prochaines années à votre sujet ? vous allez y penser chaque jour, et y travailler chaque jour ces prochaines années ? avez vous les moyens de ne pas travailler pendant ces prochaines années et de ne pas vous soucier du quotidien ? vu votre sujet, avez vous assez de matières pour en faire une thèse ? … la thèse c’est un travail à plein temps » ).

A l’époque, je pensais juste que c’était un moyen de me décourager de faire la thèse (même maintenant quand on me demande mon avis sur le fait d’en faire une ou pas, je pose les mêmes questions, parfois je donne l’impression de décourager la personne, alors que ce n’est pas le but), mais en fait, ce qu’il aurait fallu que je retienne à l’époque, c’est que cette personne a l’habitude de diriger des personnes qui font des thèses et elle même a déjà fait une thèse, et donc, elle a plus d’expérience et connaît les tenants et aboutissants, et que par conséquent, il faut lui faire confiance

Si jeunesse savait !

Donc, j’ai réussi à faire mon inscription en thèse cette année là et je voulais prendre mon souffle avant de commencer. Il aurait peut être fallu que je prenne mon souffle moins longtemps.

Après la fin de la procédure administrative pour mon inscription au mois de novembre, je suis restée en stand-by parce que les fêtes de fin d’année approchaient. Evidemment, j’ai passé les fêtes de fin d’année à ne rien faire. Après les fêtes de fin d’année, je suis rentrée chez moi, à Mada,  « pour chercher les documents et les contacts nécessaires à mon sujet ». Sur les deux mois et demie que j’ai passé là bas, j’ai du en tout et pour tout utiliser deux semaines pour les dites recherches. A mon retour, j’ai trouvé un petit boulot qui, de par sa nature, inversait les rythmes de mes journées : je dormais une grande partie de la journée parce que je venais travailler de très bon matin. Durant cette époque, je passais de temps en temps à la bibliothèque avec une petite liste d’articles à chercher et de livres à lire. Quand je trouvais un article intéressant et avais fini de le lire, j’estimais que la semaine était bien remplie. Puis, le temps passait, le printemps est arrivé, et sans crier gare, les vacances d’été aussi. A l’heure du bilan, et surtout parce qu’il fallait bien prendre contact avec la prof pour pouvoir s’inscrire en deuxième année, et quand on prend contact, il faut toujours avoir quelque chose à présenter, j’étais bien forcée de constater que je n’ai strictement rien fait. Et maintenant, je me rends compte que c’est handicapant et que c’était une erreur. Et qu’il faudra alors faire en une année tout ce qu’il y avait à faire en première année et tout ce qu’il y a à faire en deuxième année.

En tout et pour tout, pendant ma première année : j’ai dû lire deux ou trois livres qui ne se rapportaient pas directement à mon sujet, photocopié une vingtaine d’articles, photocopié sans avoir lu des centaines de pages de documentations venant de Mada. La personne qui me dirigeait pensait que j’ai déjà fini ma phase de documentation.

Donc, si j’avais le pouvoir de changer quelque chose, ce serait mon faux départ. J’aurais pris plus au sérieux la première année, j’aurais commencé à point.

8 Comments »

  1. En te lisant, je me dis tt de suite “alors, j’étais pas la seule”.
    en effet, en y repensant, la charnière ICM-andafy n’était pas facile mine de rien. mais fallait avoir le diplôme coûte que coûte. Après, on entrant en thèse, on a l’impression que ça y est, c est la belle vie: que sur les trois ans “théorique” que je vais passer à ne penser qu’à ça, j’aurai certainement un petit moment pour me reposer.
    Moi, j’ai fait ma première inscription vraiment en décembre. donc la pression s’est relâchée avec les fêtes, ensuite le froid n’aidant pas du tout, j’ai décidé de partir en vacances (je l’avoues, puisque mon sujet de thèse n’a rien à voir ni de près, ni de loin, et même pas de très loin de mada), mes premières vacances depuis des années. c uniquement en avril (ou même mai tiens) que je me suis rendue compte qu’il me fallait présenter une revue de littérature. mais ce fut trop tard! on ne rattrape pas le temps perdu, il ne me restait plus que 2 ans et demi pour tte la thèse à ce stade. et déjà: calendrier décallé.
    en tout cas, c est vrai cette première année est la plus dévicise. mais c ‘est également la plus difficile et la plus décourageante. la plus décisive parce qu’on perd très vite du temps si on n y prend pas garde (et on n’y prend pas garde malheureusement). la plus difficile parce qu’on passe d’un rythme acharné et très cadré du M2 (cours obligatoires, dead line à respecter, diplôme à obtenir sous une année…) à celui où on est carrément lâché dans la nature (je me souviens j’ai pas mis un pied au labo pendant les 1ers 4 mois). et décourageante parce qu’on n’a généralement pas idée de ce que l’on cherche, par où commencer, où le trouver et ne faire que lire des articles et des livres ce n’est vraiment pas ce qu’il y a de plus marrant dans la vie.

    Comment by Haja Mirana — 17 octobre 2009 @ 11:06

  2. Pour moi, c’était il ya longtemps maintenant. Ce que je peux dire c’est que rien n’est perdu, même le temps perdu sert à quelque chose. Il faut relire le lièvre et la tortue de La Fontaine et penser que le lièvre est plus heureux, vit plus de choses, s’enrichit davantage que la bête tortue. De toute façon, on y arrive tjs si on veut. Penser aussi à la hâte (l’impatience, l’inquiétude) des parents à voir leurs enfants marcher ou parler, ces derniers (sauf cas exceptionnels) finissent tjs par parler et marcher, des fois mieux que les bêtes de course ou de concours.
    Franchement le temps à glander (à glâner) n’est jamais perdu comme l’on croit.
    Johary (joharyravaloson@yahoo.fr) ; http://joharyravaloson.canalblog.com/

    Comment by Johary — 29 octobre 2009 @ 9:06

  3. d sanatria v za hanao be morale oe “rien n’arrive sans raison”??? … oups, efa voateniko kay lé iz… rien n’arrive sans raison, dans le sens oe mety bénéfique ho anao iny fahatarana iny au finale, avec le recul…. courage e!!! tsy afaka ovaina n lasa fa ny hoavy no atrehina mba ho tsara hatrany

    Comment by nadya — 30 octobre 2009 @ 21:32

  4. misaotra e…
    le recul mihitsy no tsy ampy :p

    Comment by Ianjatiana — 26 décembre 2009 @ 1:25

  5. Johary: venant de quelqu’un qui a déja passé le cap depuis le temps, ça rassure quand même, mais sur le coup, il est difficile de se dire que tous ces mois considérés comme “perdus” peuvent encore se rattraper… et je me dis aussi que quelque part, il faut un certain état d’esprit que l’on n’a forcément pas en première année pour faire ou finir la thèse. merci de nous rassurer ;)

    Comment by Ianjatiana — 26 décembre 2009 @ 1:30

  6. ah ha! bon courage Haja Mirana…on est sur le même bateau :) (ça me fait penser à un sujet à traiter: de l’autodiscipline quand on est en thèse…hi hi…merci pour l’idée :D )

    Comment by Ianjatiana — 26 décembre 2009 @ 1:32

  7. bj
    je suis dejà en 1ere année doctorat, on est en mois de mai et j’ai rien fai!!!!!!!
    c’est ce ke je voi aussi, on été bien encadré l’année derniere mais là tout est relaché.
    j’essaye de commencer le vrai travail mé jarriv pas, c ‘est bizar mais kd meme vs m’avez rassuré, je suis pa la seule!!!!!!!!!!hihiih
    juste je voulais vs dder vs avez presenter koi à vos directeur de thèse en 1ere année???
    merci

    Comment by chadha — 19 mai 2010 @ 11:59

  8. Quel bilan doit on dresser après la première année de thèse? en fait, ça dépent du directeur et de comment il dirige l’étudiant, parce qu’il n’y a pas une méthode unique, à chacun sa méthode.
    Bah…heu…au fait, au moins, à la fin de la première année, ce serait déja bien si on arrivait à cerner le sujet (savoir de quoi on va parler dans les grandes lignes), on devrait aussi avoir fini de dresser, lire et pourquoi pas (:lol:) exploiter la bibliographie principale (on ne sait jamais, en cours de route, il y a toujours des articles auxquels on n’a pas pensé). Au moins, savoir où on va aller, je crois!!!

    Comment by Ianjatiana — 24 mai 2010 @ 21:06

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