Alors, la thèse ça avance?

28 janvier 2010

Finir et bien finir

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 17:11

“Finir et bien finir”: c’est une expression que notre préfet au Collège aimait bien nous rappeler au troisième trimestre de l’année scolaire pendant les séances de dynamique de groupe ou pendant le tan-tsoroka, quand il fallait aborder le dernier virage et la dernière ligne droite de l’année.

Voilà un gars qui court le marathon. Son entourage et même son coach lui annoncent que la silhouette du stade olympique dans lequel il va devoir faire les derniers mètres de la course commence à être visible. Il doit donc être à quelques distances de la fin, et il ne lui reste que peu de kilomètres à faire par rapport à tout ce qu’il a déjà couru. A quoi il pense à cet instant là, que va t il faire à ce moment là?

Choix n°1: Il ne regarde même pas la silhouette imposante du stade et tout le public, acquis ou non à sa cause, qui l’y attend. Il continue sa course de manière constante, au même rythme qu’au début, en se concentrant sur lui même, sur ce qu’il fait.

Choix n°2: Il lève les yeux et admire ce stade de l’aboutissement de la course. Il pense au public, à la manière dont il va aborder les derniers mètres. Il continue sa course, de manière plus confiante, mais il est tellement subjugué par la vue du stade que le rythme ralentit par rapport au début. Sa concentration se défait petit à petit, même s’il reste encore dans la course.

Choix n°3: Il lève les yeux et admire le stade. Il regarde en arrière en pensant aux kilomètres qu’il a déjà parcouru, à tout ce qu’il a dû subir pour en arriver là. Il se demande au vu de tout cela s’il arrivera encore à faire le dernier parcours et s’il arrivera jamais un jour dans le stade en question.

Souvent, dans les matchs de tennis, on fustige les joueuses ou joueurs qui n’arrivent pas à finir proprement le travail et laissent passer des matchs qu’ils étaient sur le point de remporter. Combien de matchs de tennis ont été perdus parce qu’Untel ou Untelle n’a pas su gérer alors qu’il/ elle avait trois balles de match en sa faveur.

C’est au mental que se joue le match dans les moments décisifs.

Ma question est alors très simple: comment le gars fait pour terminer son marathon? comment peut il rester stoïque et impassible alors qu’après tant d’efforts et de sacrifices se profile à l’horizon la silhouette de sa délivrance? comment fait t il pour ne pas être envahi par les doutes sur ses capacités à arriver jusqu’au bout? comment doit il mener sa course dans la presque dernière ligne droite? à quoi il doit penser pour finir et bien finir?

26 janvier 2010

(Même) l’Etat pose la question

Filed under: Les autres, ma Chose et moi — Ianjatiana @ 16:53

Que les parents et toute la famille pose cette question, passe encore, que les amis et autres connaissances le fasse, ça peut se comprendre, mais quand c’est l’appareil étatique qui pose la question… :lol:

Pour pouvoir rester dans ce pays, il faut chaque année prouver que l’on habite quelque part, que l’on est capable de subvenir à ses besoins et aussi qu’on a une bonne raison de rester sur le territoire. Parmi ces bonnes raisons, il y a les études. Il faut que ces études aient été suivies et faites régulièrement et de manière sérieuse: c’est ainsi que sur ce chapitre il faut prouver que l’on a été studieux l’année dernière (relevé de notes à l’appui et peut être même certificat d’assuidité) et que sagement, on sera encore studieux l’année prochaine avec tout document prouvant qu’on sera encore étudiant dans un établissement d’enseignement supérieur. Et comme dans le doctorat, aucune note n’est donnée, vu qu’il n’y a pas d’examen…seul le massacre la soutenance à la fin détermine si les recherches ont été bonnes, fructueuses ou pas, beaucoup de personnes de nationalité étrangère ont trouvé dans cette voie le moyen de rester plus longtemps et sans trop de problème dans ce pays (et là, je ne cautionne ni émet aucun jugement sur ce choix, je dis juste les choses que je vois et que je constate). Ce n’est plus le cas et pour cause….

Au début, tout allait bien, le rendez-vous à la préfecture, bien que toujours aussi traumatisant est appréhendé avec moins de peur que les autres fois, parce que les documents relatifs au moyen d’hébergement et de subsistance sont complets et que ceux relatifs (je cite) “au sérieux des études suivies” le sont aussi. Et il y a un certain plaisir à annoncer à l’agent que “non, je n’ai pas de relevé de notes vu que je suis en doctorat”. Mais, de l’eau a coulé depuis, et les portes se ferment petit à petit parce que “le pays ne peut pas accueillir toute la misère du monde” et du coup, ils deviennent de plus en plus exigeants pour toutes les certaines catégories de personnes qui cherchent à s’installer sur la terre de leurs ancêtres.

C’est ainsi que quand vous souriez intérieurement à l’agent qui vous demande le relevé de notes de l’année dernière et auquel vous répondez: non, je n’en ai pas, je suis en thèse, je ne fais plus d’examens, il a désormais cette réplique: “ah, donnez moi alors une attestation de votre directeur de thèse donnant la date de soutenance de votre thèse”, et là, le sourire intérieur devient un sourire jaune.

A l’instar des parents, de la famille, et des amis, l’Etat s’inquiète de l’avancement des travaux du doctorant, mais si avec les premiers, un “oui, ça va, ça avance bien”, ou un ” j’ai pas trop envie de parler de cela”, ou un ” c’est un sujet tabou” suffisent, avec ce dernier, il faut donner une réponse nette claire et précise, et l’on ne peut même pas esquiver, parce que “votre dossier est en attente, reprenez un rendez-vous, il nous faut cette lettre de votre directeur avec un visa de l’université pour vous donner votre titre…”

3 janvier 2010

Je vous présente Ma Chose et moi

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 1:44

Je me suis rendue compte que finalement vous ne devez pas savoir grand chose de ce que je fais, ni de qui je suis, ni des conditions dans lesquelles je travaille sur Ma Chose. Et pourtant, dans tout il faut commencer par délimiter le sujet, évacuer les points qui ne vont pas être traités et donner un semblant de plan. J’avais déja mentionné quelque part que je ne suis pas arrivée à trouver des catégories et que tout se mettrait en place petit à petit. On continuera ainsi, peut être à la fin, on trouvera un semblant d’ordre dans ce fouillis :lol:

Et donc, je vais vous présenter Ma Chose et quelques petits trucs sur moi, histoire qu’on arrive à peu près à se situer par rapport à tout ce qui se dit par ici.

Le Truc en question porte sur le droit malgache et la nature (:houhou: je ne donnerais pas plus de détails), cela fait plusieurs années que je travaille dessus ( je me suis déja inscrite administrativement plus de 4 fois pour les besoins de la cause) et selon certains points de vue, je suis plus proche de la fin que du début (je ne sais pas si ce sont des avis objectifs ou si c’est juste des encouragements d’amis et proches fidèles :lol: pour ma part, je dirais que…heu…je ne sais pas vraiment où j’en suis :p ).

Je suis considérée comme une étudiante étrangère dans ce pays (ce qui est tout à fait normal). J’ai fais toutes mes études universitaires jusqu’au Master 1 (anciennement dénommé maîtrise) à Madagascar. Je ne suis pas boursière et j’enchaîne et accumule plusieurs “jobs d’étudiant” pour financer mes études. Je ne suis pas mariée et je n’ai pas d’enfants (du moins, à ma connaissance). J’ai des amis qui me soutiennent et supportent admirablement mes sautes d’humeur et mes phases de gros doutes. A part la Chose, j’ai d’autres centres d’intérêts dans la Vie: la photographie, le cinéma et la lecture (ou l’écriture). J’adore aussi le sport, mais cela fait un long moment que je n’ai pas fais l’effort de pratiquer.

Là, vous savez à peu près tout ce qu’il y a à savoir. :D

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