Finir et bien finir
“Finir et bien finir”: c’est une expression que notre préfet au Collège aimait bien nous rappeler au troisième trimestre de l’année scolaire pendant les séances de dynamique de groupe ou pendant le tan-tsoroka, quand il fallait aborder le dernier virage et la dernière ligne droite de l’année.
Voilà un gars qui court le marathon. Son entourage et même son coach lui annoncent que la silhouette du stade olympique dans lequel il va devoir faire les derniers mètres de la course commence à être visible. Il doit donc être à quelques distances de la fin, et il ne lui reste que peu de kilomètres à faire par rapport à tout ce qu’il a déjà couru. A quoi il pense à cet instant là, que va t il faire à ce moment là?
Choix n°1: Il ne regarde même pas la silhouette imposante du stade et tout le public, acquis ou non à sa cause, qui l’y attend. Il continue sa course de manière constante, au même rythme qu’au début, en se concentrant sur lui même, sur ce qu’il fait.
Choix n°2: Il lève les yeux et admire ce stade de l’aboutissement de la course. Il pense au public, à la manière dont il va aborder les derniers mètres. Il continue sa course, de manière plus confiante, mais il est tellement subjugué par la vue du stade que le rythme ralentit par rapport au début. Sa concentration se défait petit à petit, même s’il reste encore dans la course.
Choix n°3: Il lève les yeux et admire le stade. Il regarde en arrière en pensant aux kilomètres qu’il a déjà parcouru, à tout ce qu’il a dû subir pour en arriver là. Il se demande au vu de tout cela s’il arrivera encore à faire le dernier parcours et s’il arrivera jamais un jour dans le stade en question.
Souvent, dans les matchs de tennis, on fustige les joueuses ou joueurs qui n’arrivent pas à finir proprement le travail et laissent passer des matchs qu’ils étaient sur le point de remporter. Combien de matchs de tennis ont été perdus parce qu’Untel ou Untelle n’a pas su gérer alors qu’il/ elle avait trois balles de match en sa faveur.
C’est au mental que se joue le match dans les moments décisifs.
Ma question est alors très simple: comment le gars fait pour terminer son marathon? comment peut il rester stoïque et impassible alors qu’après tant d’efforts et de sacrifices se profile à l’horizon la silhouette de sa délivrance? comment fait t il pour ne pas être envahi par les doutes sur ses capacités à arriver jusqu’au bout? comment doit il mener sa course dans la presque dernière ligne droite? à quoi il doit penser pour finir et bien finir?