(Même) l’Etat pose la question

Que les parents et toute la famille pose cette question, passe encore, que les amis et autres connaissances le fasse, ça peut se comprendre, mais quand c’est l’appareil étatique qui pose la question… :lol:

Pour pouvoir rester dans ce pays, il faut chaque année prouver que l’on habite quelque part, que l’on est capable de subvenir à ses besoins et aussi qu’on a une bonne raison de rester sur le territoire. Parmi ces bonnes raisons, il y a les études. Il faut que ces études aient été suivies et faites régulièrement et de manière sérieuse: c’est ainsi que sur ce chapitre il faut prouver que l’on a été studieux l’année dernière (relevé de notes à l’appui et peut être même certificat d’assuidité) et que sagement, on sera encore studieux l’année prochaine avec tout document prouvant qu’on sera encore étudiant dans un établissement d’enseignement supérieur. Et comme dans le doctorat, aucune note n’est donnée, vu qu’il n’y a pas d’examen…seul le massacre la soutenance à la fin détermine si les recherches ont été bonnes, fructueuses ou pas, beaucoup de personnes de nationalité étrangère ont trouvé dans cette voie le moyen de rester plus longtemps et sans trop de problème dans ce pays (et là, je ne cautionne ni émet aucun jugement sur ce choix, je dis juste les choses que je vois et que je constate). Ce n’est plus le cas et pour cause….

Au début, tout allait bien, le rendez-vous à la préfecture, bien que toujours aussi traumatisant est appréhendé avec moins de peur que les autres fois, parce que les documents relatifs au moyen d’hébergement et de subsistance sont complets et que ceux relatifs (je cite) “au sérieux des études suivies” le sont aussi. Et il y a un certain plaisir à annoncer à l’agent que “non, je n’ai pas de relevé de notes vu que je suis en doctorat”. Mais, de l’eau a coulé depuis, et les portes se ferment petit à petit parce que “le pays ne peut pas accueillir toute la misère du monde” et du coup, ils deviennent de plus en plus exigeants pour toutes les certaines catégories de personnes qui cherchent à s’installer sur la terre de leurs ancêtres.

C’est ainsi que quand vous souriez intérieurement à l’agent qui vous demande le relevé de notes de l’année dernière et auquel vous répondez: non, je n’en ai pas, je suis en thèse, je ne fais plus d’examens, il a désormais cette réplique: “ah, donnez moi alors une attestation de votre directeur de thèse donnant la date de soutenance de votre thèse”, et là, le sourire intérieur devient un sourire jaune.

A l’instar des parents, de la famille, et des amis, l’Etat s’inquiète de l’avancement des travaux du doctorant, mais si avec les premiers, un “oui, ça va, ça avance bien”, ou un ” j’ai pas trop envie de parler de cela”, ou un ” c’est un sujet tabou” suffisent, avec ce dernier, il faut donner une réponse nette claire et précise, et l’on ne peut même pas esquiver, parce que “votre dossier est en attente, reprenez un rendez-vous, il nous faut cette lettre de votre directeur avec un visa de l’université pour vous donner votre titre…”

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