Alors, la thèse ça avance?

10 juin 2010

Ma Thèse…mon Amour!

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 13:56

Cela peut paraître paradoxal vu tout ce que j’ai écris jusqu’ici , mais finalement, je me plais vraiment dans cette période de ma vie. Je me plais dans le sens où faire la Chose m’apporte souvent des joies insoupçonnées! et oui :lol: c’est difficile d’imaginer comment peut on être content et satisfait de passer tous les jours de la semaine et du week-end à la bibliothèque, de rechercher des articles et de lire de nombreux ouvrages (des fois passionnants, des fois soporifiques). Mais bizarrement, je me sens quand même bien, je ne prends pas la Chose comme une prison ou comme un lourd fardeau, au contraire, de plus en plus, je m’y retrouve!

C’est vrai que pour arriver jusque là, et même si je n’ai pas encore franchi la ligne d’arrivée :p il a fallu faire des choix, beaucoup de choix, il a fallu affronter des moments difficiles (et ils sont encore présents), faire une croix sur la vraie vie des jeunes étudiants insouciants du lendemain: les fêtes le week-end, les sorties au Parc ou même sous d’autres cieux quand il fait beau, les vacances, les grasses matinées qui durent jusqu’à midi..je ne parle même pas du côté vie privée (ah ha ha! je suis sûre que cela ne vous intéresse pas :D ). Mais ces durs moments, ces sacrifices font finalement partie du jeu: il suffit juste de réussir à vivre avec :)

En ce moment, la plupart de mes amis, connaissances et proches vivent des étapes jugées essentielles dans la vie des adultes: le mariage et les premières naissances. Je serais peut être un peu en retard de ce côté là (encore faut il savoir s’il y a des règles précises qui indiquent qu’à tel moment de la vie il faudrait avoir la bague au doigt et pouponner) mais il y a toujours Ma Chose…mon Amour à qui je pense souvent la nuit avant de m’endormir, le matin en me réveillant, dans la rue en allant à la bibliothèque ou même pendant mes heures de boulot.

Hey oui…ça dégouline d’amour entre nous deux…c’est parfois beau et c’est souvent insupportable, mais c’est Ma Chose ma bataille :p

28 janvier 2010

Finir et bien finir

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 17:11

“Finir et bien finir”: c’est une expression que notre préfet au Collège aimait bien nous rappeler au troisième trimestre de l’année scolaire pendant les séances de dynamique de groupe ou pendant le tan-tsoroka, quand il fallait aborder le dernier virage et la dernière ligne droite de l’année.

Voilà un gars qui court le marathon. Son entourage et même son coach lui annoncent que la silhouette du stade olympique dans lequel il va devoir faire les derniers mètres de la course commence à être visible. Il doit donc être à quelques distances de la fin, et il ne lui reste que peu de kilomètres à faire par rapport à tout ce qu’il a déjà couru. A quoi il pense à cet instant là, que va t il faire à ce moment là?

Choix n°1: Il ne regarde même pas la silhouette imposante du stade et tout le public, acquis ou non à sa cause, qui l’y attend. Il continue sa course de manière constante, au même rythme qu’au début, en se concentrant sur lui même, sur ce qu’il fait.

Choix n°2: Il lève les yeux et admire ce stade de l’aboutissement de la course. Il pense au public, à la manière dont il va aborder les derniers mètres. Il continue sa course, de manière plus confiante, mais il est tellement subjugué par la vue du stade que le rythme ralentit par rapport au début. Sa concentration se défait petit à petit, même s’il reste encore dans la course.

Choix n°3: Il lève les yeux et admire le stade. Il regarde en arrière en pensant aux kilomètres qu’il a déjà parcouru, à tout ce qu’il a dû subir pour en arriver là. Il se demande au vu de tout cela s’il arrivera encore à faire le dernier parcours et s’il arrivera jamais un jour dans le stade en question.

Souvent, dans les matchs de tennis, on fustige les joueuses ou joueurs qui n’arrivent pas à finir proprement le travail et laissent passer des matchs qu’ils étaient sur le point de remporter. Combien de matchs de tennis ont été perdus parce qu’Untel ou Untelle n’a pas su gérer alors qu’il/ elle avait trois balles de match en sa faveur.

C’est au mental que se joue le match dans les moments décisifs.

Ma question est alors très simple: comment le gars fait pour terminer son marathon? comment peut il rester stoïque et impassible alors qu’après tant d’efforts et de sacrifices se profile à l’horizon la silhouette de sa délivrance? comment fait t il pour ne pas être envahi par les doutes sur ses capacités à arriver jusqu’au bout? comment doit il mener sa course dans la presque dernière ligne droite? à quoi il doit penser pour finir et bien finir?

3 janvier 2010

Je vous présente Ma Chose et moi

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 1:44

Je me suis rendue compte que finalement vous ne devez pas savoir grand chose de ce que je fais, ni de qui je suis, ni des conditions dans lesquelles je travaille sur Ma Chose. Et pourtant, dans tout il faut commencer par délimiter le sujet, évacuer les points qui ne vont pas être traités et donner un semblant de plan. J’avais déja mentionné quelque part que je ne suis pas arrivée à trouver des catégories et que tout se mettrait en place petit à petit. On continuera ainsi, peut être à la fin, on trouvera un semblant d’ordre dans ce fouillis :lol:

Et donc, je vais vous présenter Ma Chose et quelques petits trucs sur moi, histoire qu’on arrive à peu près à se situer par rapport à tout ce qui se dit par ici.

Le Truc en question porte sur le droit malgache et la nature (:houhou: je ne donnerais pas plus de détails), cela fait plusieurs années que je travaille dessus ( je me suis déja inscrite administrativement plus de 4 fois pour les besoins de la cause) et selon certains points de vue, je suis plus proche de la fin que du début (je ne sais pas si ce sont des avis objectifs ou si c’est juste des encouragements d’amis et proches fidèles :lol: pour ma part, je dirais que…heu…je ne sais pas vraiment où j’en suis :p ).

Je suis considérée comme une étudiante étrangère dans ce pays (ce qui est tout à fait normal). J’ai fais toutes mes études universitaires jusqu’au Master 1 (anciennement dénommé maîtrise) à Madagascar. Je ne suis pas boursière et j’enchaîne et accumule plusieurs “jobs d’étudiant” pour financer mes études. Je ne suis pas mariée et je n’ai pas d’enfants (du moins, à ma connaissance). J’ai des amis qui me soutiennent et supportent admirablement mes sautes d’humeur et mes phases de gros doutes. A part la Chose, j’ai d’autres centres d’intérêts dans la Vie: la photographie, le cinéma et la lecture (ou l’écriture). J’adore aussi le sport, mais cela fait un long moment que je n’ai pas fais l’effort de pratiquer.

Là, vous savez à peu près tout ce qu’il y a à savoir. :D

15 octobre 2009

Ma première année

Filed under: Ma Chose — Ianjatiana @ 10:22

Souvent, l’on se pose cette question : si vous avez la possibilité de changer quelque chose dans votre vie, vous feriez quoi ? Et ben, soit on a une multitude de réponses et on ne sait plus laquelle choisir, soit on sourit et on dit : rien. Figurez vous qu’il m’arrive souvent de me poser cette même question, et si la plupart du temps et d’une manière générale je réponds non, en ce qui concerne la thèse, j’aurais quand même changé quelque chose, si j’avais la possibilité de retourner dans le passé : ma première année de thèse !

Je tiens à rappeler que je n’ai pas vraiment l’intention d’adopter un ton moralisateur dans ce blog. Le but premier est de partager cette « expérience » à ceux qui y étaient, y sont, y seront peut être ou tout simplement à ceux qui sont proches de gens qui y étaient, y sont, y seront peut être.

Et donc, ma première année de thèse…ce fut une année sabbatique, et avec le recul, je comprends que c’est le meilleur moyen de mal commencer une thèse, c’est en partie pour cela que le conseil numéro 1 c’était : il faut commencer dès le départ.

Depuis la soutenance de mon mémoire de fin d’études en maîtrise, je n’ai pas vraiment eu le temps de souffler. A peine l’encre des délibérations était sec, j’ai pris l’avion pour continuer mes études universitaires dans une université étrangère dans une immense ville d’un pays qui m’était étranger. Durant cette année universitaire, j’ai dû apprendre à un rythme différent, avec des moyens différents et un mode de vie assez différent de celui auquel j’ai été habitué. L’année d’après, j’ai exploré une autre facette de mon domaine. Pendant ces deux années, je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser. Entre les cours à assimiler, les exposés et les dossiers à préparer, certains rattrapages de cours à faire personnellement parce que la matière n’était pas au programme à Mada mais déjà considérée comme acquise par les professeurs et enfin et surtout les mémoires de fins d’études et le rapport de stage à rédiger, je n’ai pas vraiment eu le temps d’apprécier le fait de vivre une autre vie dans un autre pays (sans parler de toutes les démarches administratives à effectuer en tant qu’étudiant étranger dans ce pays).

Puis, de fil en aiguille, est venue la décision de faire la thèse. Entre le moment où l’on décide de faire une thèse et l’inscription définitive, il y a plusieurs moments à gérer et un parcours à faire. En effet, il ne suffit pas de vouloir la faire, il faut aussi trouver :

-       le professeur qui a les compétences et la capacité  de vous diriger et qui, accepte de le faire,

-       le sujet de vos travaux de recherche,

Une fois ces deux éléments réunis, la procédure d’inscription se déroule plus ou moins facilement au niveau de l’administration.

Et donc, ayant fraîchement réussi mon année sur l’Environnement et le patrimoine industriel, j’ai décidé de faire un doctorat en droit. Une fois la décision personnelle prise, il fallait « juste » trouver un sujet, et présenter un bon projet de recherche et trouver le (la) professeur qui accepterait de me diriger. En ce qui concerne le sujet, cela a été assez facile : cela faisait un bon moment que j’ai orienté mes choix, même si à l’époque, ce n’était pas aussi évident et que la matière n’était pas encore aussi « populaire » qu’elle l’est maintenant. Je me souviens encore de mon passage au consulat quand j’ai déposé mon dossier de demande de visa et que la personne à l’accueil a appelé son chef parce que l’intitulé de la filière que j’ai choisie lui paraissait singulier et que le chef à son tour m’a demandée si ça existait comme branche du droit.

Une fois le sujet choisi, il fallait travailler pour produire un projet de recherche intéressant et suscitant la curiosité. Et là, les problèmes ont commencé parce que quand bien même le sujet semblait frais et pas encore traité, il n’y avait pas assez de matière pour étoffer un bon projet de recherche. Mais avec un peu d’effort et beaucoup d’imagination, j’ai quand même réussi à présenter un projet valable.

Par la suite, en ce qui concerne le choix du (de la) professeur, ça été aussi assez difficile. Mais avec le recul, je me rends compte que la difficulté que j’avais à l’époque était plus due à mes peurs et appréhensions qu’aux professeurs eux-mêmes. Et donc, après des semaines d’angoisse et de questionnements, je me suis un jour décidée à franchir le pas et à demander à une professeure si elle accepterait de me diriger. (Je crois aussi que c’est l’approche de la date de fin d’inscription en première année de thèse qui m’a donné assez de courage pour y aller). Et contrairement à ce que je pensais, elle était d’accord…mais avant de donner son accord définitif, elle m’a longuement questionné sur mes motivations, les moyens dont je disposais pour réaliser cette thèse, et surtout, elle m’a expliqué ce que cela impliquait que de faire une thèse. ( « est ce que vous êtes prête à consacrer les trois prochaines années à votre sujet ? vous allez y penser chaque jour, et y travailler chaque jour ces prochaines années ? avez vous les moyens de ne pas travailler pendant ces prochaines années et de ne pas vous soucier du quotidien ? vu votre sujet, avez vous assez de matières pour en faire une thèse ? … la thèse c’est un travail à plein temps » ).

A l’époque, je pensais juste que c’était un moyen de me décourager de faire la thèse (même maintenant quand on me demande mon avis sur le fait d’en faire une ou pas, je pose les mêmes questions, parfois je donne l’impression de décourager la personne, alors que ce n’est pas le but), mais en fait, ce qu’il aurait fallu que je retienne à l’époque, c’est que cette personne a l’habitude de diriger des personnes qui font des thèses et elle même a déjà fait une thèse, et donc, elle a plus d’expérience et connaît les tenants et aboutissants, et que par conséquent, il faut lui faire confiance

Si jeunesse savait !

Donc, j’ai réussi à faire mon inscription en thèse cette année là et je voulais prendre mon souffle avant de commencer. Il aurait peut être fallu que je prenne mon souffle moins longtemps.

Après la fin de la procédure administrative pour mon inscription au mois de novembre, je suis restée en stand-by parce que les fêtes de fin d’année approchaient. Evidemment, j’ai passé les fêtes de fin d’année à ne rien faire. Après les fêtes de fin d’année, je suis rentrée chez moi, à Mada,  « pour chercher les documents et les contacts nécessaires à mon sujet ». Sur les deux mois et demie que j’ai passé là bas, j’ai du en tout et pour tout utiliser deux semaines pour les dites recherches. A mon retour, j’ai trouvé un petit boulot qui, de par sa nature, inversait les rythmes de mes journées : je dormais une grande partie de la journée parce que je venais travailler de très bon matin. Durant cette époque, je passais de temps en temps à la bibliothèque avec une petite liste d’articles à chercher et de livres à lire. Quand je trouvais un article intéressant et avais fini de le lire, j’estimais que la semaine était bien remplie. Puis, le temps passait, le printemps est arrivé, et sans crier gare, les vacances d’été aussi. A l’heure du bilan, et surtout parce qu’il fallait bien prendre contact avec la prof pour pouvoir s’inscrire en deuxième année, et quand on prend contact, il faut toujours avoir quelque chose à présenter, j’étais bien forcée de constater que je n’ai strictement rien fait. Et maintenant, je me rends compte que c’est handicapant et que c’était une erreur. Et qu’il faudra alors faire en une année tout ce qu’il y avait à faire en première année et tout ce qu’il y a à faire en deuxième année.

En tout et pour tout, pendant ma première année : j’ai dû lire deux ou trois livres qui ne se rapportaient pas directement à mon sujet, photocopié une vingtaine d’articles, photocopié sans avoir lu des centaines de pages de documentations venant de Mada. La personne qui me dirigeait pensait que j’ai déjà fini ma phase de documentation.

Donc, si j’avais le pouvoir de changer quelque chose, ce serait mon faux départ. J’aurais pris plus au sérieux la première année, j’aurais commencé à point.

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